La mer et la santé - Première partie





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La mer et la santé

Premiere partie

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Malheureusement, cette science des bains formidablement maîtrisée va disparaître avec les invasions des barbares, plus adeptes du « no Wash » que de la trempette, ne serait-elle qu’hygiénique.


Notre moyen-Age si décrié aura pourtant quelque respect pour ces thermes ravagés par les barbares puisqu’ils se trouvent des voix parmi les moines pour les réhabiliter. Ainsi, à Aix-la-Chapelle, en 817, les abbés se réunissent en assemblée pour réglementer les bains tandis que le pape Adrien 1er ordonne au clergé d’aller se baigner, en procession et en chantant des psaumes, les jeudis de chaque semaine. Cependant, pour les vulgum pecus, les bains, généralement effectués dans des sources, sont souvent assimilés à des pratiques superstitieuses. Aux yeux de ces esprits simples, ce n’est pas tant l’eau que les charmes et les sortilèges qui guérissent les malades ainsi trempés.


Au XVIe siècle, le célèbre chirurgien Ambroise Paré, qui a pour habitude d’appliquer l’eau froide dans sa pratique, s’insurgea contre ces croyances : « Je ne veux laisser dire qu’aucuns guérissent les playes avec une eau pure, après avoir dit dessus certaines paroles, qui trempent en l’eau des linges en croix et les renouvelles souvent. Je dy que ce ne sont les paroles ni les croix, mais l’eau qui nettoye la playe, et par sa froideur garde l’inflammation et la fluxion qui pourrait venir à la partie offensée. » (Ancien Français). Ce grand médecin qui avait conseillé à Henri III de venir se baigner à Dieppe pour soigner ses gales n’était pas le seul à penser de la sorte. Au XVe siècle, en Italie, Barizzi prescrivait es douches vaginales froides dans les affections de l’utérus. Il faudra attendre le milieu du XVIIIe pour que le système de représentation induit par la théologie soit remplacé par d’autres modes d’appréciation de la nature.


Cependant, depuis le XVIIe siècle, l’hydrothérapie devient une science sérieuse qu’étudieront d’innombrables médecins. Les Anglais, autour de la figure éminente de Jean Floyer, étant les plus à la pointe de cette science qui va connaître un formidable essor. A la même époque, d’autres confrères Européens pratiquent aussi cette médecine tels que Diembrocch en Allemagne qui employait l’usage de l’eau en boisson et en immersion, ou Herman en Belgique, spécialiste de l’eau froide avec laquelle il soignait la migraine, la manie, la paralysie ou la constipation.


Au XVIIIe siècle, en Allemagne, le docteur Hoffmann utilisait l’eau froide, intus et extra, comme remède de toutes les maladies, tant aiguës que chroniques, des obstructions des viscères, de la néphrite, de la goutte, du scorbut, des fièvres ardentes, etc… De même, c’est par des ablutions d’eau froide que J.G. Hahn, pendant une épidémie de fièvre typhoïde des plus graves qui sévit à Breslau en 1737, obtint des résultats remarquables et se soigna lui-même. Tout comme Samoïlowitz durant la peste de Moscou en 1771. On pourrait multiplier à l’envie de tels exemples. En France, l’eau est surtout employée par les chirurgiens, tandis que le docteur Pomme traite les maladies du système nerveux en plongeant les patients quelquefois plusieurs heures de suite dans des bains à dix degrés. En Angleterre, Wright écrit en 1797 un traité qui fera référence. Il en est de même sur le Baltique et sur la mer du Nord ou fleurissent de nombreux établissements de bains comme à Debberan ou à Norderney par des promoteurs ayant certainement fait le voyage d’Angleterre.


En France, à Paris, au XVIIe siècle, il devient courant à la Cour comme dans une certaine classe sociale de se baigner en baignoire, chez soi ou en établissement afin de pratiquer le bain de propreté mais aussi le bain de santé. C’est à la corporation des perruquiers, qui font aussi office de barbiers et de baigneurs-étuvistes, qu’incombe le soin de gérer ces ablutions. Le bain de santé se distinguant du bain de propreté par le fait qu’il est recommandé par un médecin et qu’il propose diverses sortes d’immersions suivant la pathologie du baigneur. Bains pouvant être agrémentés d’herbes médicinales mais aussi de minéraux quand ils ne sont pas simplement remplacés par un bain de marc de raison. Le 11 Février 1792, une loi relative à la liquidation des Offices de Perruquiers (sic), Barbiers et Baigneurs-étuvistes mettra à la vente sept cent onze de ces charges à travers trente et une villes française.

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