Numero 01
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Le cauchois est une variété de parler normand utilisée dans le pays de Caux, qui constitue la majeure partie du département de Seine-Maritime. Les Histouères de Thanase Pèqueu, publié à Rouen en 1933. Le pays de Caux est l'un des derniers bastions de la langue normande en dehors du Cotentin. Le nombre de locuteurs est statistiquement très variable : entre 0,3 % et 19,1 % des habitants de la Seine-Maritime interrogés s'identifient eux-mêmes comme parlant le cauchois.

Chacun sait qu’il existe des niveaux de langue en français et qu’on ne s’exprime pas de la même façon dans toutes les circonstances la construction des phrases, le choix du vocabulaire, l’articulation même des mors peuvent différer. En ce qui concerne le vocabulaire, les dictionnaires nous signalent par exemple que vélo est Fam. (familier) et frite pop. (populaire), dans l’expression avoir la frite, tandis que matricide est litt. (littéraire). Mais parallèlement à ce choix langagier généralement conscient, beaucoup de Français utilisent, le plus souvent inconsciemment, un mode d’expression régional dont les éléments principaux ont été rarement étudiés, ou même simplement relevés systématiquement.


Le voyageur qui traverse une région de France qu’il ne connait pas sera frappé d’abord par la façon dont les habitants prononcent le français : c’est ce qu’on appelle généralement l’accent. Il pourra être étonné par quelques constructions insolites, mais le petit nombre de ces particularismes syntaxiques ne l’arrêtera pas longtemps. Reste un certain nombre de mots qui n’ont pas le même sens qu’en français standard (c’est-à-dire dans le français tel qu’il est présenté dans les dictionnaires) et surtout des mots qui n’existent pas en français standard. Alors bien sûr on pense au patois puisque pour beaucoup il n’existe que deux façons de s’exprimer dans les provinces de France : le français et le patois. Or ce n’est ni du français standard ni du patois. C’est du français régional.


Qu’est-ce donc que le français régional ? C’est ce qui, dans la forme de langue utilisée naturellement, et souvent familièrement, par les français de telle ou de telle région, distingue ces locuteurs de l’ensemble des francophones. Laissant ici de côté les accents et la syntaxe mais nous ne nous intéresserons qu’au vocabulaire. Mais, de même que l’accent et l’intonation sont spontanés, l’utilisation de tel ou tel mot est également inconsciente, du moins dans la plupart des cas. Cette notion est importante pour identifier le français régional. Il est en effet nécessaire de le distinguer à la fois du français standard et du patois. La principale distinction est objectivement aisée :  Un mot utilisé par tel locuteur provincial ne figure pas dans un dictionnaire courant de la langue française, on peut dire qu’il appartient pas au français standard. La distinction objective entre le français régional et le patois est beaucoup plus difficile, puisque, en tout été de cause, on sort de la norme. C’est alors qu’intervient la notion de conscience linguistique : le français régional (du moins en ce qui concerne le vocabulaire) est senti par le locuteur comme du français. La distinction entre le français régional et le patois est donc en partie subjective. Un locuteur qui parle patois, celui qui utilise des mots régionaux dans son discours français a tout à fait conscience de parler français : « Mais enfin, je parle français ! », disait un hôtelier auvergnat à des clients auxquels il venait à plusieurs reprises de proposer un « gonflant » et qui s’obstinaient à ne pas comprendre le terme local par lequel il désignait une édredon.

A Calvados

Bayeux : Hier soir, panne de courant. Mme X se dirige vers sa salle pour y prendre une pile. Mais, un peu braque, elle clenche trop brusquement la porte : celle-ci étant barrée, la clenche lui est dans la main.

Caen : Deux lycéennes qui bacouettaient, la carte à la main, ont été prises à partie par un carabot. Cela aurait pu faire vilain si un voisin qui rentrait sa perrotine n’était pas intervenu.

Lisieux : Publicité : Dans le Pays d’Auge, vendue d’une belle maison à galandages dans un plant : rade bien dégagée avec loge.


B Eure

Bernay : Derrière la chaudière où se faisait la goutte, la fille du bouilleur échangeait avec un horzain de petits becs enflammés.

Evreux : Un besot bien vésillant venait de chercher son lait. Soudain, en courant dans la cavée, il a laissé échapper sa laitière, et il en est resté comme un pleu-pleu.

Les Andelys : Dans un café-bar du Vexin, un client ému et dénanti, qui n’avait pas payé sa demoiselle, a reçu du patron une togne qui l’a laissé échaoui.


C Seine Maritime

Dieppe : La ravisette du taupier, une jeune maguette dégouginée était, ce matin-là, fort dégavée, lorsqu’elle pédalait sur la route de Londinières.

Le Havre : Près d’un champ de cossar, un couple, dont la femme semblait embarrassée, jacotait et se doulaisait au milieu d’une fricottée d’enfants.

Rouen : Sur le carreau d’un village, un manant qui n’était pas caleux proposait de livrer ses copains et ses poules cayennes.

ABOLIR (verbe transitif)

  • Exténuer, mettre à bout de nerf

  • Connu : Seine-Maritime, Calvados, Eure

  • Du latin abolere « détruire »


S’ABRIER (verbe intransitif)

  • S’accroupir

  • Employé : Haute-Normandie, Orne

  • Connu : Calvados, Manche

  • Du latin cubare « se coucher »


ACERTAINER (verbe transitif)

  • Certifier

  • Connu : Orne, Calvados, Eure

  • Dérivé-composé de certain.

  • Ce mot existait en ancien français avec le même sens.


S’ACCOUVER (verbe intransitif)

  • S’accroupir

  • Employé : Haute Normandie, Orne

  • Connu : Calvados, Manche

  • Du latin cubare « se coucher »


ACHALER (verbe transitif)

  • Fatiguer, ennuyer

  • Connu : Manche, Orne, Calvados

  • Du latin calere « être chaud ».

  • Le premier sens de achaler à été celui de « fatiguer par la chaleur ».


S’ACHÂNER (verbe intransitif)

  • S’avachir

  • Employé : Manche

  • D’origine incertaine.

  • Peut-être du bas-latin afannare « se fatiguer », « peiner », qui a donné ahaner


ACHÉE (nom féminin)

  • Ver de terre

  • Connu : Orne, Manche

  • Du latin esca « nourriture »


ACHOCRE (Adjectif)

  • Maladroit

  • Employé : Manche

  • Connu : Orne

  • Sans doute de néerlandais schoken « balancer », d’où est sorti le français choc


ACRE (Nom masculin)

  • Mesure agraire variant d’un endroit à l’autre, mais représentant le plus souvent quatre vergée, soit environ huit mille mètres carrés.

  • Connu : Ensemble de la Normandie

  • Sans doute de l’anglo-saxon, oecer « mesure de terre » lui-même de même racine que le latin ager « champ ».


ARDENT (Adverbe)

  • A plat ventre

  • Employé : Manche

  • Connu : Calvados

  • Composé de dent et connu déjà en ancien français.


S’ADONNER (verbe intransitif)

  • Se réfugie. Texte d’une petite annonce dans la journal : « Un petit chien s’est adonné chez moi. Venir le réclamer. »

  • Connu : Calvados, Eure, Manche, Seine-Maritime

  • Signification 2 : Vivre en union libre

  • Connu : Basse-Normandie, Eure.