Reine Elisabeth II - Première partie
Reine Elisabeth II - Troisième partie





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Reine Elisabeth II

Première partie

Elisabeth II

Troisième partie

Evolution du Commonwealth

Au cours de son règne, la reine Élisabeth II assista à la transformation de l'Empire britannique en Commonwealth of Nations. Au moment de son accession au trône en 1952, son rôle de chef d'État de multiples États indépendants était déjà établi. Entre 1953 et 1954, la reine et son époux s'embarquèrent dans un tour du monde de six mois. Elle devint ainsi le premier monarque d'Australie et de Nouvelle-Zélande à visiter ces pays. Les visites de la reine attirèrent de larges foules et on estime que les trois quarts de la population australienne l'ont vue à cette occasion. Au cours de son règne, la reine a réalisé plus de 170 visites dans les États du Commonwealth et près d'une centaine dans les États n'en faisant pas partie ; elle est ainsi le chef d'État à avoir le plus voyagé dans l'histoire.


En 1956, le président du Conseil français Guy Mollet et le Premier ministre britannique Anthony Eden évoquèrent la possibilité pour la France de rejoindre le Commonwealth. La proposition ne fut jamais acceptée et la France signa l'année suivante le traité de Rome établissant la Communauté économique européenne, précurseur de l'Union européenne. En novembre 1956, le Royaume-Uni et la France envahirent l'Égypte pour reprendre le contrôle du canal de Suez ; l'opération se termina lamentablement et Eden démissionna deux mois plus tard. Louis Mountbatten affirma que la reine était opposée à l'offensive mais Eden nia cette affirmation.


En l'absence d'un mécanisme formel au sein du parti conservateur pour choisir un nouveau chef après la démission d'Eden, il incomba à la reine de décider qui devait former un nouveau gouvernement. Eden recommanda qu'elle consulte Lord Salisbury, le Lord Président du Conseil. Ce dernier et Lord Kilmuir, le lord chancelier sollicitèrent l'avis du Cabinet et de Winston Churchill et la reine nomma le candidat proposé, Harold Macmillan.


La crise de Suez et le choix du successeur d'Eden donnèrent lieu à la première importante critique personnelle de la reine en 1957. Dans un journal qu'il possédait et éditait, Lord Altrincham l'accusa d'être « dépassée » et « incapable d'aligner plus de quelques phrases sans aide ». Les propos d'Altrincham furent condamnés et il fut physiquement agressé. Six ans plus tard, en 1963, Macmillan démissionna et conseilla à la reine de choisir Alec Douglas-Home pour lui succéder, ce qu'elle fit. Elle fut à nouveau critiquée pour avoir nommé un premier ministre sur les conseils d'un petit nombre de ministres ou d'un seul d'entre eux. En 1965, les conservateurs adoptèrent un nouveau mode de désignation de leur chef qui n'imposait plus à la reine de choisir.


En 1957, elle se rendit aux États-Unis et s'adressa devant l'Assemblée générale des Nations unies au nom du Commonwealth. Lors de la même visite diplomatique, elle inaugura la 23e législature du Canada, devenant ainsi le premier monarque canadien à ouvrir une session parlementaire. Deux ans plus tard, uniquement en sa capacité de reine du Canada, elle retourna aux États-Unis et visita le Canada même après avoir appris, à son arrivée à Saint-Jean sur l'île de Terre-Neuve, qu'elle attendait son troisième enfant89. En 1961, elle se rendit à Chypre, en Inde, au Pakistan, au Népal et en Iran. Lors d'une visite au Ghana la même année, elle rejette les craintes pour sa sécurité même si son hôte, le président Kwame Nkrumah, qui l'avait remplacé en tant que chef d'État du Ghana l'année précédente, était la cible d'assassins. Avant son passage au Québec en 1964, la presse rapporte que des extrémistes du mouvement séparatiste de la province préparent un projet visant à son assassinat. Il n'y eut pas de tentative d'assassinat mais une émeute éclate alors qu'elle se trouve à Montréal ; le « calme et le courage de la reine face à la violence » furent remarqués.


Les grossesses ayant précédé les naissances d'Andrew, en 1960, et d'Edward, en 1964, furent les seules occasions au cours desquelles elle ne participa pas à la cérémonie d'ouverture du Parlement britannique durant son règne. En plus de participer aux cérémonies traditionnelles, Élisabeth II introduisit de nouvelles pratiques comme le premier bain de foule royal qui eut lieu lors d'une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1970.


Les années 1960 et 1970 furent marquées par une accélération de la décolonisation en Afrique et dans la Caraïbe. Plus de vingt pays obtinrent leur indépendance par le biais de transitions négociées vers une plus grande autonomie. En 1965, le premier ministre de Rhodésie déclara cependant unilatéralement l'indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni pour maintenir la domination blanche tout en exprimant sa « loyauté et sa dévotion » à Élisabeth II. Même si la reine le rejeta dans une déclaration formelle et que la Rhodésie fut touchée par des sanctions internationales, le régime de Smith survécut jusqu'en 1979.


En février 1974, le premier ministre britannique Edward Heath conseilla à la reine d'appeler des élections générales alors qu'elle se trouvait en visite dans les îles du Pacifique, ce qui lui imposa de rentrer au Royaume-Uni. Les élections débouchèrent sur un parlement minoritaire et Heath démissionna quand les négociations en vue de former un gouvernement de coalition avec le parti libéral échouèrent. La reine demanda alors au chef de l'opposition officielle, le travailliste Harold Wilson, de former un gouvernement.


Un an plus tard, au paroxysme de la crise constitutionnelle australienne de 1975, le premier ministre australien Gough Whitlam fut limogé par le gouverneur général John Kerr après que le Sénat contrôlé par l'opposition eut refusé les propositions budgétaires de Whitlam. Comme ce dernier disposait d'une majorité à la Chambre des représentants, son président, Gordon Scholes, fit appel à la reine pour annuler la décision de Kerr. Élisabeth II refusa en affirmant qu'elle ne pouvait pas intervenir dans des décisions que la constitution de l'Australie réservait au gouverneur général. La crise alimenta les sentiments républicains en Australie.

  

En 1951, la santé de George VI déclina et Élisabeth le remplaçait fréquemment pour les cérémonies publiques. Lors de sa visite en Amérique du Nord où elle se rendit au Canada et rencontra le président Truman à Washington en octobre 1951, son secrétaire particulier, Martin Charteris, portait avec lui le brouillon d'une déclaration d'accession au trône si le roi venait à mourir lors de son voyage. Au début de l'année 1952, Élisabeth et Philip entreprirent une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Le 6 février 1952, alors qu'ils venaient juste de rentrer à leur résidence kényane de Sagana Lodge après une visite du parc national d'Aberdare, ils apprirent la mort du roi. Martin Charteris lui demanda de choisir un nom de règne et elle choisit de rester Élisabeth, « évidemment ». Elle fut proclamée reine dans tous ses royaumes et les membres de la cour rentrèrent hâtivement au Royaume-Uni. Élisabeth II et le duc d'Édimbourg s'installèrent dans le palais de Buckingham.


Avec l'accession au trône d'Élisabeth, il semblait probable que la maison royale allait porter le nom de son époux pour devenir la Maison de Mountbatten comme cela était la coutume pour une femme de prendre le nom de son époux. La grand-mère d'Élisabeth, Mary de Teck, et le premier ministre britannique, Winston Churchill, préféraient conserver le nom de Maison de Windsor et le mot Windsor fut maintenu. Le duc se plaignit qu'il « était le seul homme du pays à ne pas avoir le droit de donner son nom à ses propres enfants ». En 1960, après la mort de Mary de Teck en 1953 et la démission de Churchill en 1955, le nom Mountbatten-Windsor fut adopté pour Philip et ses descendants de lignée masculine qui ne portent pas de titres royaux.


Au milieu des préparatifs pour le couronnement, la princesse Margaret informa sa sœur qu'elle souhaitait épouser l'aviateur Peter Townsend de 16 ans son aîné et ayant deux enfants d'un précédent mariage. La reine lui demanda d'attendre un an ; selon Martin Charteris, « la reine était naturellement compatissante envers la princesse mais je pense qu'elle imaginait, qu'elle espérait, qu'avec le temps, cette liaison s'essoufflerait d'elle-même ». Les chefs politiques étaient opposés à cette union et l'Église d'Angleterre n'autorisait pas le remariage si le divorcé n'était pas veuf. Si Margaret réalisait un mariage civil, il était probable qu'elle devrait renoncer à son droit au trône. Elle décida finalement d'abandonner sa relation avec Townsend. En 1960, elle épousa Antony Armstrong-Jones qui fut fait comte de Snowdon l'année suivante. Ils divorcèrent en 1978 et elle ne se remaria pas.


Malgré la mort de la reine Mary le 24 mars, les préparatifs du couronnement se poursuivirent et il eut lieu comme prévu le 2 juin 1953. À l'exception de l'eucharistie et de l'onction, l'ensemble de la cérémonie à l'abbaye de Westminster fut retransmis à la télévision pour la première fois de l'histoire. La robe de couronnement fut dessinée par Norman Hartnell et était brodée avec les emblèmes floraux des pays du Commonwealth : la rose Tudor anglaise, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle irlandais, la feuille d'érable canadienne, le mimosa doré australien, la fougère argentée néo-zélandaise, le protée royal sud-africaine, la fleur de lotus pour l'Inde et Ceylan et le blé, le coton et le jute pakistanais.

Accession au trône et couronnement