Le projet titanesque
La splendeur du Titanic





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Un projet titanesque

La splendeur du Titanic

La première tâche qui incombait désormais à Harland and Wolff était le développement d’une infrastructure capable d’accueillir le chantier de ces gigantesques vaisseaux. Durant les six derniers mois de 1908, deux cales géantes furent installées et surmontées chacune d’un immense portique. Le 16 décembre 1908, sur la cale de construction n°2, les ouvriers posèrent la première quille de ce qui deviendrait l’Olympic. Puis le 31 mars 1909, sur la cale n°3 voisine fut installée une quille similaire portant le numéro de chantier 401. Le navire qui en surgirait serait le Titanic.


Au début de leur construction, les deux navires étaient presque identiques. De la quille se dressaient de puissantes carcasses séparées de 60 centimètres à 1 mètre seulement et maintenue en place par une série de poutres en fer. Des plaques de tôles mesurant jusqu’à 11 mètres de long furent rivées sur l’extérieur de ces carcasses. Chaque navire possédait un double fond comprenant une enveloppe externe de 2.5 cm d’épaisseur en plaques de tôle et une paroi intérieure un peu moins lourde. Cette mesure de sécurité devait permettre à l’embarcation de rester à flot si la paroi externe était percée. Le double fond était impressionnant : un homme pouvait se tenir debout entre les deux parois. Pour maintenir l’ensemble, plus de 500 000 rivets en fer durent utilisés sur cette partie inférieure du Titanic, certaines zones étant assemblées quatre fois. A la fin de la construction, la coque du Titanic était constituée de 2 000 plaques de tôle assemblée à l’aide de plus de 3 millions de rivets.



Les plans d’origine, conçus sous la direction d’Alexander Carlisle, reflétaient les dernières tendances de l’architecture navale. La coque, par exemple, était divisée en seize compartiments constitués de quinze cloisons transversales et étanches. On croyait que ce système rendrait le navire insubmersible, car capable de flotter, disait-on, avec deux compartiments inondés. Toutefois, ces cloisons durent construites pour protéger le navire du type d’accident qui était survenu en 1879, lorsque l’Arizona, de la compagnie Guion, heurta un iceberg dans le brouillard. Si l’avant de l’Arizona fut pratiquement détruit, les cloisons avaient cependant empêché le navire de sombrer, de sorte qu’il avait pu regagner Terre-Neuve en marche arrière. Ainsi, aux yeux de beaucoup, le Titanic était invincible car son système de cloison le protégeait de telles avaries. Hélas, toutefois, il ne protégeait en rien les côtés extrêmement longs du navire, qui se révèlent son talon d’Achille.



Durant toute l’année 1909 et au début de l’année 1910, plus de 4 000 employés de Harland and Wolff travaillèrent sur l’Olympic et le Titanic. Quand Carlisle pris sa retraite en 1910, il fut remplacé par le neveu de Pirrie, Thomas Andrews. Enfin, en octobre 1910, l’Olympic fut lancé et remorqué vers son lieu d’armement.



Les travaux se poursuivirent sur le Titanic, le 31 mai 1911, le jour même où l’Olympic fut livré à la White Star, la coque du Titanic fut lancée à son tour. Ses dimensions étaient impressionnantes, à la verticale, elle aurait dépassé n’importe quel édifice du monde : 269.10 mètres, soit au-delà de la tour Montparnasse. Même en position normale, il était haut comme un immeuble de onze étages.



Après le lancement, la coque du Titanic fut remorquée vers un quai en eaux profondes où, au cours des mois qui suivirent, une énorme grue flottante chargea les machines, chaudières, générateurs électriques, matériel de réfrigération et toute la machinerie lourde nécessaire au fonctionnement de ce qui deviendrait une véritable ville. Les trois ancres pesaient au total 31 tonnes, sans oublier les huit grues électriques et, bien au-dessus, quatre cheminées. Les trois premières étaient reliées aux salles des machines, et la quatrième, une cheminée factice, fut placée à l’arrière, au-dessus de la salle des turbines, dont elle assurait la ventilation. Les plans d’origine de Carlisle ne comportaient que trois cheminées, mais la quatrième fut ajoutée pour améliorer l’esthétique du navire. Elles étaient si larges qu’un train pouvait les traverser. Une fois l’équipement de base en place, il fallut encore de nombreux mois afin de réaliser l’aménagement et de peaufiner les détails, avant d’obtenir ce qui fut considéré par tous comme le plus extraordinaire navire du monde.

LA CONSTRUCTION

LE LANCEMENT DU TITANIC

Le lancement du Titanic fut un évènement unique auquel, selon les estimations, assistèrent 100 000 personnes soit un tiers de la population de Belfast. J.P. MORGAN venu de New York spécialement pour l’occasion, arriva à bord du paquebot Duke of Argyll en compagnie d’invités et de plus de cent journalistes anglais. Peu avant 12h15, lord Pirrie ordonna que l’on abatte les dernières béquilles de bois maintenant le paquebot. Mue par son propre poids, la coque de 24 000 tonnes glissa sur la rampe lubrifiée par 22 tonnes de suif, de savon et d’huile. Sous les acclamations de la foule, la coque fendit les eaux avant d’être immobilisée par les six ancres.

  • Longueur : 269.06 mètres

  • Largeur : 28.19 mètres

  • Profondeur : 18.13 mètres

  • Tonnage : 46 329 tonnes de jauge brute (21 831 nette)

  • Ponts passagers : 7

  • Chaudières : 29

  • Chaufferies : 162

  • Machines : 2 machines alternatives à vapeur (30 000 cv), 1 turbine à vapeur à base de pression (16 000 cv)

  • Vitesse de croisière : 21 nœuds (maximum 23 à 24 nœuds)

  • Capacité maximale : 2603 passagers et 944 membres d’équipage

  • Canots de sauvetage : 16 + 4 pliables (capacité de 1 178 personnes)                            

LE TITANIC EN CHIFFRE