Logan et les flops 2016
Ca - 2017





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Logan le film

Les flop 2016

Ca - version 2017

INTERVIEW EXCLUSIVE AURELIA THIERREE

  1. LAURENT FORELLI : Pour vous présenter au lecteur, vous êtes la fille de Victoria Chaplin et Jean Baptiste Thierrée, petite fille de Charlie CHAPLIN. Vous avez commencé votre carrière comme danseuse et artiste de cirque, pouvez nous expliquer pourquoi avoir choisi ce métier ?


 AURELIA THIERREE : Bonjour. En effet j’avais trois ans la première fois que je suis montée sur scène. Je m’en souviens comme d’un lieu de mystères. Comme d’une obscurité chaleureuse, d’une présence, les lumières dorées qui éclairaient la scène comme de nombreuses bougies lors de soirées festives… Il y avait une aura de magie. Je suis partie du spectacle quand j’avais quatorze ans, il me semblait que l’aventure c’était d’avoir une vie “normale”, d’aller à l’école, de vivre dans une maison (nous vivions alors en caravane), tout ce qui était alors l’inconnu etc. Et c’est ce que j’ai fait, jusqu’ au bac, comme toute adolescente qui rêve de liberté. C’était ça, mon paradoxe, et c a le reste probablement encore aujourd’hui. J’inverse beaucoup. Puis au cours du temps, c’est devenu une envie plus viscérale. L’odeur des théâtres me manquait, le bois, les rideaux, les lumières, la scène, tout. Alors petit à petit a force de projets et d’envies, de cours et de petits boulots, j’y suis revenue. Je ne me lasse pas d’apprendre ce métier, c’est peut-être ça : J’aime que l’on tisse avec la fragilité. Le fait que tout peut s’arrêter, que c’est un pari constant.


 

  1. LAURENT FORELLI : Née en France, vous avez choisie de faire carrière aux USA, cependant vous avez tourné avec deux grands artistes français dans le film VALLEY OF LOVE, avec Gerard DEPARDIEU, Isabelle HUPPERT. Quel souvenir gardez-vous de ce tournage ?



AURELIA THIERREE : C’était tout à fait surréaliste et imprévu de me retrouver dans la vallée de la mort, même brièvement, après un atterrissage a Las Vegas, de dormir dans un hotel ferme pour cause de travaux, d’y croiser l’équipe, et puis aussi Gerard Depardieu et Isabelle Huppert parfois, furtivement. Les journées étaient torrides- il faisait près de 50 dégrées je crois. Alors la nuit, même les oiseaux restaient réveillés pour trouver un peu de fraicheur, qui d’ailleurs n’arrivait pas. C a a été incroyable de me retrouver en face d’aussi grands acteurs, dirigée par Guillaume Nicloux. Je suis reconnaissante à Guillaume Nicloux de cette expérience tout à fait inattendue, et de m’avoir fait confiance. J’étais très intimidée, j’espère que c a ne s’est pas vu. Je ne suis restée que quelques jours mais c’était magique.



 

  1. LAURENT FORELLI : Vous avez créé le spectacle L’Oratorio d’Aurélia, comment c’est passé la conception de ce spectacle ?


AURELIA THIERREE :  Il y avait l’envie sourde et intense de retravailler ensemble. De les retrouver, eux. Victoria (ma mère) avait des idées, des envies. Je me suis placée dans son chemin. On a commencé toutes les deux toutes seules à construire des numéros qui nous enthousiasmaient nous, puis j’en ai tourné, rode deux ou trois dans divers spectacles de cabarets, et tout de suite, au-delà du plaisir de retrouver un monde qui m’avait manqué, j’ai senti que c’a fonctionnait. C’était une surprise... J’ai tourné dans le Tiger Lillies Circus pendant trois ans, j’étais heureuse, et entre les tournées, Victoria et moi continuions de développer le spectacle. On a eu une résidence à Cognac. La première version était avec les Tiger Lillies. Ensuite c’est devenu “ L Oratorio d Aurelia”. Le spectacle a tourné dans le monde entier pendant presque huit ans. Je ne m’en suis jamais lassée.



 

  1. LAURENT FORELLI :  Dans « Murmures des murs », vous nous avez entrainé dans un monde étrange de créatures fantastiques, c’était au Théâtre du Rond-Point, comment c’est passé cette expérience ?



AURELIA THIERREE :  J’étais nerveuse. Murmures des murs avait déjà tourné a Londres, NYC, Mexico, Madrid, Milan, Brésil etc. C’était Paris, plus près de la famille. Et puis le Theatre du Rond-point aussi ! C’était une très belle expérience.



 

  1. LAURENT FORELLI :  Être la petite fille de l’illustre Charlie CHAPLIN est-il un avantage ou plutôt handicap ? vous êtes artistes de génération en génération, est ce que c’est dur pour vous par rapport aux autres artistes qui eux n’ont pas le même passé dans ce milieu ?



AURELIA THIERREE :  C’est un avantage, bien sûr que c’est un avantage. Il y a, dès le début, une curiosité, et puis l’amour que les gens ont pour lui. Après, au niveau du spectacle, la seule vérité qui existe dans ce métier, c’est que, une fois que le rideau se lève, soit un spectacle fonctionne, soit-il ne fonctionne pas. Tout acteur et artiste a derrière lui tant et tant d’artistes de talent qui l’ont précédé. Qui ont marqué, influence, parfois change leur monde. C’est une source d’inspiration intarissable, c a rend humble, mais c a n’a rien a voir avec nous, avec le travail qui doit être accompli. Je crois en la force du désir. Aux rencontres. Je veux croire que pour toute personne, indépendamment d ou ils viennent, de la famille dans laquelle ils sont nées, tout est possible, s’il y a au départ, ce désir, cette force de vie et de travail qui provoquera rencontres et envies. Le talent est imprévisible, et heureusement, libre de tout ça. C a se scléroserait vite autrement.



 

  1. LAURENT FORELLI :   Lorsque votre grand-père (Charlie CHAPLIN) est décédé en 1977, vous aviez 6 ans, vous avez appris à connaitre son histoire au fil du temps, est-il présent dans vos choix artistiques ?



AURELIA THIERREE :  Probablement, de la même manière que le sont tous les auteurs et artistes qui m’ont influencé. Ou même les personnes, qui sans être de ce métier, ont changées ma vision du monde, ont ouvert la possibilité de tout questionner, d’avoir la liberté d’autres perspectives, au moins au départ par l’imaginaire. L’Imagination, c’est le début de la liberté ! après bien sûr, ma vie est lie a celle de ma famille, et à mon histoire individuelle. Comme j’imagine sans doute est la vôtre. On porte nos histoires, elles sont toutes aussi fascinantes et complexes les unes que les autres. La différence, c’est que celle de mes aïeux soit si documentée du côté de ma mère. L’histoire de Charlie Chaplin appartient autant a son publique qu’a sa famille, sinon plus. Ça aussi, c’est beau.



 

  1. LAURENT FORELLI :    Avez-vous des projets en France ? et quels sont vos projets internationaux ?



AURELIA THIERREE :  Nous préparons actuellement un troisième spectacle. Nous présenterons 30 minutes en octobre prochain à Londres, puis la totalité dans l’année qui suit. Nous le présenterons en France et à l’Étranger. Du moins c’est ce qu’on espère. D’autre part Murmures des murs tourne encore, cet Automne en Amérique du Sud, puis l’année d’après à Londres.



 

  1. LAURENT FORELLI :  Toute l’équipe de TERRA HUMANIS vous remercie chaleureusement d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et vous souhaitons beaucoup de bonheur dans votre carrière.



AURELIA THIERREE : Merci d’avoir pensé à moi. Tout le meilleur pour vous aussi.