Les origines de Big Jim | Terra Reporter Découvertes
Big Jim | Terra Reporter Découvertes

C’est en 1959 que Ruth et Elliot Handler, les fondateurs de Mattel révolutionnent l’univers des jouets pour filles. Ruth croit dur comme fer au succès de Barbie, la première poupée au corps de femme adulte, qui lui a été directement inspirée par la pin-up Bild Lilli, mascotte sexy produite dès 1955 à l’initiative du journal allemand Bild, d’après l’héroïne de sa bande dessinée vedette, « Lilli ».

En dépit de la différence d’échelle entre la grande Barbie et ce nouveau personnage pour garçons en cours de développement, les équipes de Mattel ont bien l’intention de puiser dans tout ce qui a déjà été créé pour la poupée culte (voiture bateau, camionnette etc.) et de le recycler sous un autre aspect pour alimenter cette nouvelle gamme. Bill Ison, du développement du Marketing, envisage d’appeler le nouveau personnage Big Mac. Un choix d’autant plus surprenant que le célèbre hamburger de Mac Donald’s existe déjà depuis deux ans ! « En fait, j’avais entendu dire que le personnage allait s’appeler « Big Mac and the French Fries » (« Big Mac et les frites ») se souvient Tony Miller, et que « les Frites » seraient le nom du groupe de ses coéquipiers ! Mais je ne sais pas si c’était une idée sérieuse, réellement envisagée, ou une blague ». Cette idée étrange fait long feu, mais le choix du nom définitif doit attendre : pour l’instant, c’est un problème technique qu’il faut régler. Après un rapide calcul, on se rend compte que la mise en œuvre de muscles fonctionnels sur l’ensemble du corps de la figurine coûterait trop cher en assemblage. L’équipe décide d’utiliser la trouvaille de Sapkus uniquement sur les biceps. Le système mis au point est d’une simplicité géniale. L’extrémité d’un mécanisme en plastique blanc très dur (de l’acétal dont le nom commercial aux Etats-Unis est delrin) est reliée par une articulation à la partie « avant-bras ». A l’autre bout de la pièce e trouve un poussoir ovale qui coulisse sur une tige droite en métal intégrée à la partie « bas ». Ce dispositif est inséré dans un vinyle souple de teinte chair. Lorsque le bras est tendu, le mécanisme est aplati. Dès que l’on replie l’articulation, la pièce bascule et redresse le poussoir ovale en plastique. Il déforme alors l’enveloppe de vinyle souple et donne l’impression que le muscle se contracte. L’invention de Sapkus fonctionne parfaitement. L’ingénieur Terry Benson développe quant à lui techniquement une requête du département du Marketing : aménager un bouton-poussoir dans le dos du personnage pour faire tourner un engrenage qui communique un mouvement du bras droit. Cette animation permet de stimuler un coup de karaté, ou de lancer une balle de base-ball ou un ballon de basket. « Je suis sûr que Karaté Chop » est issu d’une demande de Marketing, précise Tony Miller, mais il est possible qu’une esquisse de l’idée ait été produite par le département des Designs préliminaires. C’est moi qui aie eu l’idée d’utiliser le connecteur interne du personnage, sa « colonne vertébrale » en plastique souple, comme ressort de rappel du mouvement. Terra Benson était l’un des ingénieurs du groupe dirigé par Ralph Stewart, et il a été responsable de l’ingénierie de toutes les parties du corps de Big Jim et de leurs moyens de connexions. « Notons cependant que le nom de Jurgis Sapkus figure aussi sur le dépôt de brevet du « Karaté Chop ».